En anglais, le verbe write off signifie « tirer un trait sur quelque chose » : l'image est celle d'une écriture que l'on raye dans un bilan comptable. Si l’on s'en réfère au Robert & Collins, le sens premier du substantif write-off (comme le verbe, mais avec un trait d'union) serait « perte sèche ».

En tant qu’intitulé du site d’un traducteur, on pourrait y voir une formule de résignation : le constat d’une inévitable déperdition lors du passage d’une langue à une autre.

Il n’en est rien.

S’il est une chose que l’on apprend très vite en traduction, c’est à se méfier des dictionnaires – non parce qu’ils contiennent des erreurs, mais parce que le sens de chaque mot dépend de son contexte, et qu’un seul ouvrage ne saurait rendre compte de la versatilité du langage, de la multiplicité des acceptions, des connotations ou des associations d’idée.

 

En l’espèce, the write-off renvoie mes oreilles à l'expression d'un de mes professeurs de traduction, Jean-Pierre Richard, concluant, après avoir tourné et retourné une phrase en français et s'être heurté à l'impossibilité de restituer une nuance de l'anglais, qu'il convenait de la passer par pertes et profits. La tournure m'est restée, car pour moi, elle distille l'essence même de la traduction : bien que la glose du Robert nous affirme qu'il s'agisse de « considérer une chose comme perdue », s'arrêter à cette interprétation revient à faire fi du second terme de l'alternative, celui qui – conforme en cela, à l'effacement ontologique du traducteur – rend le mieux compte de sa mission : vendre chèrement sa peau pour équilibrer le bilan.

The write-off.

Pertes et profits.

Une bataille, mais pas la guerre.

Un cri de ralliement, bien plus qu'un aveu de défaite.

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